PROGRAMMATIONS ANTERIEURES

ANNEE 2021

 

PHILOSOPHER AU TRAVERS DES CHANSONS DE GEORGES BRASSENS

2021 est l’année du centenaire de Georges Brassens. Les sètois ont l’intention de le célébrer par diverses festivités, dont les cinq « Journées Filomer » au cours desquelles aura lieu un débat sur différents thèmes philosophiques abordés dans ses chansons.

Vendredi 8 janvier 2021

L’amitié.

 

Avec pour référence la chanson intitulée « Les copains d’abord ».

Que de synonymes évoquant l’amitié, des « prétendument » amis de réseaux sociaux, à l’amitié profonde qui unissait Montaigne et la Boétie, en passant par la « philia » d’Aristote, nous évoquerons tous les spectres de ce concept philosophique important, notamment en éthique.

Vendredi 15 janvier 2021

L’épicurisme.

 

La vie de Georges Brassens aussi bien qu’une partie de ses œuvres reflètent cet art de vivre qu’enseignait Epicure. Alice Delplanque, diplômée en master de philosophie, actuellement étudiante en préparation au CAPES et à l’agrégation, nous accompagnera pour parfaire notre connaissance sur l’épicurisme. Mais cette doctrine, en tant que dogmatisme, n’offre-t-elle pas qu’une réponse partielle aux maux de notre société ?

Vendredi 22 janvier 2021

L’anticonformisme

 

«Non, les braves gens n’aiment pas que, l’on suive une autre route qu’eux… » ( La mauvaise réputation).

Si la vie de Georges Brassens n’était pas particulièrement anticonformiste, nombre de ses chansons se montraient parfois tellement provocantes que l’on ne connaît actuellement pas de chanteurs qui aient été plus censurés que lui.

Entre l’attitude délibérément transgressive de Diogène le Cynique et la pensée unique véhiculée par les médias que dénonçait Pierre Bourdieu, la philosophie propose moult espaces pour une pensée originale et constructive.

Vendredi 29 janvier 2021

Le Scepticisme.

 

Certaines chansons de Georges Brassens dévoilent un scepticisme et un relativisme qui représentent une des facettes singulières de sa personnalité (Le sceptique : « Je ne crois pas un mot de ces petites histoires » et le Normand : « La vérité d’ailleurs flotte au gré des saisons » )

Sur la base de ces deux chansons, nous aurons l’occasion de débattre avec Alice Delplanque, de ces deux concepts philosophiques.

Vendredi 5 février 2021

Le féminisme.

 

Bernard Lonjon sera parmi nous pour évoquer toutes les facettes de la femme chantées par Georges Brassens, tour à tour, déesse ou salope, bonne ou méchante, farouche ou polissonne, putain ou marquise.

On a parfois reproché au personnage d’être misogyne et de ne pas avoir assez valorisé l’intelligence féminine, mais la femme aux fourneaux n’est pas non plus son idéal : « De servante n’ai pas besoin, et du ménage et de ses soins, je te dispense » (La non demande en mariage).

Son plaisir est avant tout de chanter l’amour et  » pour l’amour, on ne demande pas aux filles d’avoir inventé la poudre  » (Une jolie fleur) et ceci toujours avec humour : « J’idolâtre la moquerie » écrivait-il à son ami Roger Toussenot.

Ces images de la femme, quelque peu stéréotypées, doivent être replacées dans le contexte d’une époque, qui a subi depuis de profonds bouleversements avec l’explosion des mouvements féministes.

Vendredi 12 mars 2021

La mythologie

 

Dans presque un cinquième des chansons de Georges Brassens, on retrouve des personnages issus de la mythologie grecque, mais surtout romaine, dont ses préférés furent Vénus, Cupidon, Bacchus, Jupiter, etc.

Annie Lottmann et Marianne Thiébaut évoqueront toutes les divinités et héros auxquels il fait référence. Puis nous débattrons sur la symbolique et la postérité de ces mythes, manifestations des peurs et des espérances qui peuplent le cœur des hommes.

Vendredi 19 mars 2021

La morale

 

« Je ne fais pas de morale dans mes chansons, en réalité, si j’en fais une, tout homme qui parle, dès que l’on parle, dès que l’homme émet une opinion quelle qu’elle soit, on fait de la morale et de la philosophie. » (Ina – Interview du 14/11/1969)

Nombre de chansons de Georges Brassens furent cependant censurées pour « outrage à la morale ». Ne faisait-il pas que dénoncer les hypocrisies inhérentes à son époque ?

Débat autour de la morale et de l’éthique avec notre philosophe, Alice Delplanque.

Vendredi 26 mars 2021

L’anarchie

 

Si le mot anarchie n’apparaît que dans une seule chanson : « Hécatombe », Brassens évoque son engagement anarchiste dans un entretien à la revue individualiste Ego :  « C’est pour moi une philosophie et une morale dont je me rapproche le plus possible dans la vie de tous les jours. L’anarchisme, ce n’est pas seulement la révolte, c’est plutôt un amour des hommes ».

Une société sans autorité est elle concevable ? La liberté sans contrainte est elle possible ? Doit on tout rejeter dans l’anarchie ?

Débat autour de ces questions après un bref récapitulatif des différents courants anarchistes par Jean Pierre Nègre.

Vendredi 2 avril 2021

 

La mort

Sous les termes de la Camarde, la Faucheuse ou la Parque, la mort bien qu’omniprésente chez Brassens, n’est jamais tout à fait la même : tantôt prise en dérision, tantôt inquiétante, parfois complice, parfois joyeuse, simple prétexte ou vedette à part entière.

Exposé sur l’aspect philosophique de la mort par Carol Fernandes Caruso, licenciée en philosophie, suivi d’une discussion entre les participants.

Vendredi 9 avril 2021

Le passéisme

Brassens disait ne pas se sentir très à l’aise dans son époque et il le laisse plus ou moins deviner dans nombre de ses œuvres.
C’est dans la chanson intitulée « Le grand Pan » qu’il est le plus explicite à ce sujet.
Non seulement, il y exprime une certaine nostalgie du passé, mais il reproche à la science de démystifier l’imaginaire et de procéder selon Max Weber au « désenchantement du monde » .


D’où les réflexions suivantes :
Faut-il avoir peur du futur et est-ce que « C’était mieux avant » ? (en référence aux écrits de Michel Serres )
La science, a-t-elle vraiment tout dépoétisé et n’a-t-elle pas créé d’autres formes d’imaginaires ?

Vendredi 30 avril 2021

L'humour

«  Si on trouve dans mes chansons l’ironie, la cocasserie, la dérision de soi-même, c’est pour atténuer un peu la rigueur d’une philosophie que d’aucuns trouvent certainement un peu sommaire, mais qui n’en est pas moins impitoyable pour notre temps » 

A partir de ces propos de Georges Brassens, nous déclinerons les multiples intentionnalités de l’humour dans ses chansons :  contre-point à la tristesse, « propagande de contrebande », pudeur camouflée ou verve spontanée de celui qui « idolâtre la moquerie ».

Alice Delplanque évoquera les différentes facettes de l’humour en philosophie, en s’attardant plus longuement sur l’ouvrage de Henri Bergson intitulé « Le rire ».

Vendredi 7 mai 2021

L'amour

S’il est vrai que le registre amoureux a toujours été privilégié dans la chanson française, Brassens, par la densité et l’originalité de ses propos, y a une place particulière.

Amour passionnel ou amour sexuel, amour filial ou amitié profonde témoignent d’un homme au cœur généreux et à l’imagination foisonnante.

De nombreux philosophes ont tenté d’expliquer la nature de l’amour, à commencer par Platon qui y a consacré un ouvrage : « Le banquet ».

Aussi, Wira Untoja, étudiante en philosophie, évoquera les principaux écrits en ce domaine, ce qui nous permettra d’appréhender cet aspect de l’œuvre de Georges Brassens sous un regard plus philosophique.

Vendredi 14 mai 2021

La religion

« Si Dieu existe, en fin de compte, il voit que je m’suis conduit guèr’ plus mal que si j’avais la foi » chante Brassens dans « Le mécréant ».

Si Dieu existe…c’est une porte ouverte vers un questionnement, car Brassens n’a pas de pensée hostile envers Dieu, ni même envers la foi. Il dénonce avant tout la bigoterie et la rigidité dogmatique édictée par l’église catholique, en ne voulant pas « suivre les chemins qui mènent à Rome »

Lucas Scheveiler, auteur du site « maispassibienphilosophie.com » et étudiant en Master de philosophie, nous fera un exposé sur le « fait religieux ».

Alors que la religion est présente depuis l’origine de l’humanité, dans un siècle à évolution rapide où les connaissances scientifiques font autorité, nous nous interrogerons sur les conséquences d’un athéisme grandissant dans la société occidentale.

Vendredi 21 mai 2021

La pensée des femmes à travers l'histoire, de l'antiquité à nos jours.

Débat « en présentiel » à partir d’un diaporama préparé par Anne Labruyère pendant le confinement.

Il est temps de connaître autrement l’histoire de la pensée humaine, celle que l’on n’entend pas ou peu : celle de l’autre moitié de l’humanité, l’autre « soutien du ciel », si longtemps oubliée, reléguée, humiliée depuis la nuit des temps de la pensée.

Première partie : de l’Antiquité à la Renaissance,

Vendredi 28 mai 2021

Deuxième volet…

du diaporama de notre amie Anne Labruyère sur « La pensée des femmes » : de la révolution industrielle à la fin du 20e. S.

Vendredi 4 juin 2021

A la découverte d'un philosophe atypique : Jankelevitch

  À l’instar des voyageurs et des gens de mer, la philosophie de Jankélévitch porte en elle un « ailleurs ». Et, de même que l’on reconnaît parfois celui-ci à une lueur indéfinissable, dans le regard, ou à une certaine allure du geste, de la démarche, de même le style de ce philosophe, sa manière si insolite intrigue, parce que l’on y sent une allusion à des terres neuves, fraîches, quoique familières aussi.

Avec Lucas Scheveiler, étudiant en master de philosophie à l’Université Paul Valéry de Montpellier et auteur du site « maispassibienphilosophie.com ». 

Samedi 16 juin 2021

Journées Filomer

A l’occasion du centenaire Brassens, débat sur le bateau Le Roquerols, autour de six thèmes précédemment étudiés : l’anticonformisme, l’épicurisme, la morale, le scepticisme, la mort et l’humour.

Vendredi 10 septembre 2021

La vérité, un phénomène socio-culturel ?

Intervention de notre ami Pierre Thorel.
Une vérité qui t'est personnelle n'est qu'une banale opinion.
C'est par le partage, le débat, la contestation, la vérification, et finalement le consensus qu'elle obtient le statut de Vérité.
Mais elle ne sera Vérité que dans le cercle de ce consensus fixé par une société et une culture.

Vendredi 17 septembre 2021

A la découverte d’un philosophe, Auguste comte, ce Montpelliérain fondateur du positivisme et précurseur de la sociologie.

C’était le XIX ème siècle ! Nous étions enfin parvenus à « l’âge positif », capables de comprendre que tout s’explique par la science : il n’y a que des causes et leurs effets, des lois et des permanences.
Celui dont la devise « ORDRE ET PROGRES » connut un succès mondial allant jusqu’à devenir celle du Brésil, est resté un des penseurs de prédilection de Michel Serres...et de Michel Houllebecq.
Mais la science a-t-elle tenu toutes ses promesses ?

Vendredi 24 septembre 2021

La philosophie est-elle un sport de combat ?
Le sport est-il une philosophie de combat ?

Avec Hubert Comis
Ancien Directeur  de l’ INSEP (Institut National du Sport et de l’Education Physique).

Vendredi 1er Octobre 2021 
 
"Le patriotisme est-il une vertu?"

avec Adrien Deschamps, normalien et agrégé de philosophie.
"L'idée de patriotisme comme attitude morale a été, au cours de la seconde guerre mondiale du XXe siècle, l'objet d'une suspicion systématique tant de la part d'une partie significative des acteurs politiques que des philosophes et chercheurs en sciences sociales. Jugée archaïque et dangereuse aux lendemains de la seconde Guerre mondiale, l'idée de patrie fut évacuée au profit des différents projets de dépassement de la nation (dont l'Union européenne est l'exemple paradigmatique) inspiré par l'idéal cosmopolitique hérité de la philosophie des lumières. Or force est de constater que l'idée de patrie se trouve désormais remobilisée, tant dans la sphère de la politique que de la philosophie. A l'heure où les concepts de patrie et de nation sont invoqués dans un esprit polémique qui contribue davantage à introduire de la confusion que de clarté dans les débats, il n'est peut-être pas inutile de revenir sur un  article pionnier du célèbre philosophe écossais Alaisdair MacIntyre : "le patriotisme est-il une vertu ?"
Nous discuterons ainsi de cet article qui soulève une série de problèmes de philosophie
morale et politique d'une grande densité.


Vendredi 8 octobre 2021


Philosophie « hors les murs »

L’atelier philosophie se déplace au musée Paul Valéry pour assister à une conférence de Michel Onfray, organisée à l’occasion de la sortie du livre « Transe et connaissance. Un Chamane nommé Combas ». 

Vendredi 15 octobre 2021

De quoi le complotisme est-il le symptôme ?

Comme le signale la récente création de la commission "les lumières à l'ère numérique" destinée à établir des propositions pour lutter contre la désinformation sur Internet, les pouvoirs publics perçoivent à l'heure actuelle la prolifération des théories conspirationnistes et autres fake-news comme une menace pour la démocratie.
De quoi le complotisme est-il donc le symptôme ? s'agit-il d'une épidémie d'irrationalité, voire de paranoîa frappant une part toujours plus importante de la société ? ou bien s'agit-il de l'expression confuse non seulement d'un désir de réappropriation de la connaissance, mais également d'une radicalisation de l'exigence de transparence dans les démocraties contemporaines ?"
 
Vendredi 19 novembre 2021

Les rapports sociaux au travail

Rencontre animée par notre ami Michel Blanchard, formateur, avec « l’éclairage » de Jean-Pierre Caillot, psychiatre :
Ils nous inviteront à nous poser différentes questions :
Quelles sont les formes de reconnaissance au travail, qui peuvent le rendre constructeur ou destructeur, selon les circonstances ?
Qu’est-ce-concrètement que travailler ?
Quelles sont les évaluations significatives portées, à l’occasion du travail, par les différents acteurs en jeu ?
Quelles résonances ces évaluations peuvent -elles avoir sur l’intime, sur l’identité ?
Qu’en est-il des remédiations en entreprise, en réponse aux besoins exprimés par les salariés et des demandes des entreprises ?

Vendredi 27 novembre 2021

Du bien commun aux communs

avec Adrien Deschamps
L'idée de bien commun semble à nouveau d'actualité : face à l'échec de l'utopie libérale, de la montée des communautarismes et du repli sur soi, la poursuite du bien commun paraît indispensable pour refaire société. Cette idée pose cependant problème : à quoi bon en appeler au regain de civisme, à l'idée de république intrinsèquement liée à celle de bien commun, dans une société divisée par les inégalités ? Le bien commun peut-il seulement être atteint dans une société de classes dont les intérêts sont en partie incompatibles ? Nous nous proposons de revenir sur le concept de bien commun pour montrer ses insuffisances et voir en quoi son dépassement par celui des "communs" semble constituer une option politique plus cohérente.

Vendredi 3 décembre 2021

Approches psychiques de la maladie

Avec nos amies Anne Labruyère et Marie De Pas.
Anne présentera les similitudes de la vision traditionnelle africaine
de la santé psychique, à travers le parcours atypique du père Eric de Rosny, et les récentes méthodes occidentales de soins psychiques initié par Anne Ancelin Schutzenberger.
Marie complétera avec une intervention sur l'approche traditionnelle de la maladie et la psychogénéalogie occidentale, citant Georges Evereux, Tobie Nathan, Anne Ancelin Schutzenberger et Vincent de Gaulejac.

Vendredi 10 décembre 2021

Les droits de l’homme à l’épreuve de ses critiques

Avec Adrien Deschamps
Nous assistons depuis à un certain nombre d’années à une série d’accusations portant sur les droits de l’homme : accusés d’atomiser des relations sociales, de mettre à mal l’autorité et de la tradition ou encore d’abolir des limites anthropologiques, les droits de l’homme suscitent désormais un nombre grandissant de résistances. Et pourtant, il ne viendrait pas à l’esprit de ses détracteurs de remettre en question leur existence. Nous reviendrons sur les différentes traditions philosophiques critiques des droits de l’homme, afin d’établir en quoi certaines d’entre elles sont pertinentes pour en renouveler notre compréhension et réfléchir sur les conditions d’une meilleure application.

Vendredi 17 décembre 2021


L’émergence des systèmes complexes

Avec notre mai Daniel Gourdellier
Les systèmes complexes sont des ensembles d'éléments en grand nombre qui interagissent entre eux de façon complètement décentralisée. Il n'y a pas de chef, pas de hiérarchie.
Le banc de poissons ou la nuée d'oiseaux effectuent une sorte de ballet sans qu'il y ait de chef d'orchestre. Un gaz a des propriétés que n'ont pas chacune de ses molécules
Comment comprendre cette émergence du point de vue scientifique, mais aussi philosophique ?
Par exemple, notre libre-arbitre est-il une propriété émergente de l'espèce humaine ?

ANNEE 2022

Vendredi 7 janvier 2022

« La tragédie du désir... »

Avec Fatiha Djilali Messaoud, Docteur en psychanalyse.
Leibniz écrit dans ses Nouveaux essais sur l’entendement humain : « L’inquiétude qu’un homme ressent en lui- même, par l’absence d’une chose qui lui donnerait du plaisir si elle était présente, c’est ce qu’on nomme le désir ».

Eprouver un désir, s’éprouver dans le désir, être inquiété par une absence : je suis in-quiet, c’est-à-dire littéralement troublé, agité par le vide que creuse en moi l’objet de mon désir. Désirer traduit le verbe desiderare, qui signifie d’abord « cesser de contempler une étoile », puis « regretter son absence », donc « aspirer à la contempler ». Le désir est avant tout mouvement d’aspiration, sensation d’attirance.

Vendredi 14 janvier

Petit traité de l’amour à l’usage des connards

Avec Bertrand Fauré, maître de conférence et chercheur en sciences de l’information et de la communication à l’université de Toulouse.
Il s’agit de décrypter le connard qui sommeille en chacun de nous, et d’assumer cette part d’humanité inavouable qui vise avant tout, à maximiser une variable commune : l’amour. Que ce soit en politique, à l’école, ou en situation de gestion de crise, le chercheur tentera de montrer avec humour, que nos choix et comportements, aussi critiquables soient ils, sont motivés avant tout par le besoin de créer du lien.

Vendredi 21 janvier 2022

La parole doit-elle chercher à convaincre ou à dire la vérité ?

Avec Emilie Boughane, professeur de philosophie.
Ce dont il est question ici, c’est bien de la prise de parole, en tant qu’acte d’utilisation du langage, et non pas du langage en lui-même.
Existe-t-il de mauvais usages de la parole ? Faut-il ouvrir la bouche seulement quand on connaît son sujet ? Pourquoi se méfie-t-on des « beaux parleurs » ? 
Notre réflexion se basera sur les premiers débats concernant les usages légitimes de la parole. Ces débats eurent lieu à Athènes et opposèrent d’une part les sophistes, d’autre part Socrate et ses disciples. Les sophistes se vantaient de pouvoir défendre une chose et son contraire, grâce à leur habileté à manier le langage. A l’inverse, Socrate considérait que la « bonne parole » était celle qui disait la vérité, et que c’était la quête qui devait être la nôtre quand nous ouvrions la bouche. 
Nous verrons les arguments de part et d’autre, puis réfléchirons aux conséquences morales, politiques et sociologiques induites par ces prises de position. Cela permettra de transposer à l’époque actuelle ce questionnement vieux de 2500 ans.

Vendredi 28 janvier 2022

Une petite histoire dans la grande histoire

En présence de notre amie filomérienne Germaine Schuller
Vidéo préparée par Gérard Grenier
Après la mort de son père, militaire français et l’assassinat de sa mère cochinchinoise, Germaine est adoptée à l'âge de 2 ans par un couple franco-vietnamien. A la mort de son mari, sa nouvelle mère, dans le dénuement, la confie à un organisme qui propose aux enfants « nés d’un père présumé français » la possibilité d’être rapatriés en France.
C’est ainsi que près de dix mille enfants, non sans brutalité, seront élevés dans des pensionnats où ils seront à nouveau marginalisés de par leurs traits eurasiens.
« Je suis comme une plume, là où on me pose, je suis toujours bien » . Ces propos apaisés tenus par notre amie s’inscrivent dans la lignée de la doctrine stoïcienne, pour laquelle il n’y a pas de fatalisme, mais liberté d’acquiescement ou non de l’ordre du monde.
Ce parcours de vie nous invitera également à de nombreuses réflexions philosophiques telles que la résilience, terme remis à la mode par Boris Cyrulnik, le déracinement, la transmission, le destin, la fraternité, l’identité…

Vendredi 4 février 2022

Simone Weil : la pensée à l'épreuve de la réalité

Avec Lisa Assier, diplômée en master de philosophie, actuellement étudiante en préparation au CAPES et à l’agrégation. 
Loin de penser la philosophie comme une discipline à part, éloignée du monde matériel - ce monde concret, douloureux, qui use et épuise le travailleur, et par-dessus tout l'ouvrier ; Simone Weil fait de la philosophie une pratique. Chez elle, pas de pensée pure, ou de spéculation à vide qui ne soit rattachée à une réalité vécue. Faire de la philosophie, pour Weil, c'est s'engager corps et âme dans le « faire », c'est éprouver et épuiser le réel pour parvenir à penser.

Vendredi 11 février 2022


Tragiques déséquilibres de nos sociétés


Avec notre ami José Cohen Aknine
"Est-il encore possible de se sauver du changement climatique mortifère ? De l'écrasante domination des forces brutales du marché ? Des menaces sur notre intégrité, que font peser réseaux sociaux et médias ? Du recul sans précédent de la mixité sociale ? 

Vendredi 11 mars 2022


A quoi juge-t-on la valeur morale d’une personne ?


Avec Emilie Bourghanem
L’exposé a pour objet d’étudier les différents critères qui permettent de juger si une personne agit de façon morale et d’analyser les avantages et problèmes que posent ces différents critères. 
Une personne est-elle morale en fonction de ses actes ? De ses intentions ? 
Existe-t-il des choses qui sont répréhensibles de façon absolue (le mensonge ? le vol ? le meurtre ?) ou toute chose est-elle relative à un contexte qui va justifier d’agir de telle ou telle manière ? 
Quel interdit absolu pourrait-on imposer à soi-même ? A autrui ? 

Vendredi 18 mars 2022

Le sens des limites

Avec nos amis Marie Depas et Pierre Thiébaut
L'homme a toujours voulu s'affranchir des limites pour acquérir plus de liberté, mais cette liberté se heurte sans cesse à un certain nombre de barrières ou de frontières qui impliquent un consentement  imposé par un modèle d’organisation sociale acceptable par tous.
La notion de limite recouvre un vaste champ d'intervention : limites d'ordre géographiques ,technologiques, corporelles, déontologiques, éthiques, ethnographiques, linguistiques, etc.
Afin de recentrer notre débat,  nous nous en tiendrons à la notion de limites territoriales, sujet d'actualité qui porte notamment sur la notion de délimitation entre  espace privé et public, jusqu'aux délimitations des frontières (ex : Ukraine).
Ceci dans un contexte où la mondialisation des moyens de communication risque d'engendrer une uniformisation au dépend de la diversité avec des effets pervers tels que les pandémies ou l'emprise abusive des réseaux sociaux. 

Vendredi 1er avril 2022

Le nombre d’or : utopie ou réalité ?

Avec nos amis Christiane Hatat et Pierre Thiébaut
Depuis, l'antiquité le nombre d'or ou la section dorée qui régit le rapport harmonieux entre les parties et le tout dans le domaine de la géométrie et des mathématiques, a été également considéré comme canon de l’esthétisme dans l'architecture et la peinture.
On retrouve, dans une moindre mesure, ce « nombre qui fascine » dans le champ de la musique, la littérature, les sciences naturelles, avec parfois quelques connotations ésotériques.

Vendredi 8 avril 2022

La notion de nature. 

Avec Emilie Boughanem
Le concept de nature est utilisé comme une évidence pour désigner l'univers du non-humain. On parle d'ailleurs d'environnement pour désigner l'écosystème, comme si cet écosystème était étranger à nous, comme s'il n'avait vocation qu'à nous entourer, nous environner.  L'humain peut-il repenser sa place au sein du vivant autrement que comme un être qui organise l'espace entre milieux vierges ou prétendument vierges de sa main (les espaces dits naturels) et milieux modifiés ?
Nous creuserons la notion de nature du point de vue philosophique et anthropologique.

Vendredi15 avril 2022

Lao Shu

Avec notre amie filomérienne Hélène Arthus, professeur de chinois à l’UTL.
Peut-être avez-vous retenu le nom de Ai Weiwei, un artiste chinois exilé et tonitruant : doigt d’honneur à la place Tian’anmen, vases Ming en mille morceaux, etc. En contre-point, j’aimerais vous présenter le parcours plus discret de Lao Shu à travers ses encres, colorées ou ternes selon l’humeur et l’humour du jour. Il ne les vend pas, n’en vit que pour son plaisir, et les publie en ligne, où il est suivi quotidiennement par des millions de Chinois. Malicieux, tendre et railleur, le pinceau de Lao Shu crée un rêve champêtre, « un monde simple et tranquille » dépris du monde réel, rappelant en cela le désengagement social et mental de la tradition taoïste lettrée.

Vendredi 13 mai 2022

Comment regarder un tableau ?

Avec Pierre Stépanoff, conservateur au musée Fabre de Montpellier et diplômé d’un master de philosophie.
La notion d’art, perçue comme une réalité monolithique et intrinsèque, occulte la multiplicité des significations, des usages et des regards qui ont pu être portés sur « l’œuvre d’art » au fil de l’histoire. La conférence se proposera de restituer cette richesse dans la période pré-moderne, de la Renaissance à l’aube du XIXe siècle, avant que la notion d’art telle que nous la connaissons ne se constitue. En invitant à s’interroger sur la manière de regarder l’art, c’est la définition même de l’art telle que nous croyons la connaître qui sera remise en question.

Vendredi 20 mai 2022

Tours et détours de l’éthique médicale

 

Avec notre ami Ludwig Neyses, chirurgien cardiaque
L’éthique en médecine nous concerne tous. Quand devons-nous arrêter un traitement ? Devrions-nous traiter un patient en fin de vie ? Quid des situations désespérées ? Devrait-on prendre en compte les coûts d’un traitement ? Quelle est notre responsabilité quand il y a deux êtres humains impliqués (grossesse) ? 
Nous discuterons ces questions ‘en mode participatif’ à partir de cas concrets (1. malade individuel -  2. mères porteuses en Ukraine, où cette intervention est légale), tout en développant les fondements de l’éthique médicale (Hippocrate, Avicenne, Hans Jonas). 
A noter que l’on distingue généralement l’éthique médicale, à savoir les situations individuelles, de la bioéthique, qui, elle, traite des questions plus générales, à savoir la recherche médicale, pharmaceutique et technologique et de l’avenir de la médecine. Ces questions pourront être abordées dans un second temps pour nous laisser le temps suffisant pour la discussion sur l’éthique individuelle.

Vendredi 27 mai 2022

La liberté

Avec Emilie Boughanem
Qu’est-ce que cela signifie d’être libre et quels sont les obstacles à notre liberté ? Comment concilier le désir et la liberté ? Qu’en est-il du libre-arbitre ?


Vendredi 3 juin 2022

Tintin chez le psychanalyste et la philosophie.

Avec notre amie pédopshychiatre Annie Lottmann

Hergé a créé les bandes dessinées qui racontent les célèbres « Aventures de Tintin ». Elles ont provoqué une vraie « tintinophilie » et chacun  a pu y projeter ses recherches ou ses préoccupations personnelles.
Ici, la philosophie évoque même la réconciliation de Kant et d’Aristote ainsi que les vertus de Tintin: le courage, l’amitié, la liberté …
Mais quel rapport, le personnage de Tintin peut-il entretenir avec la liberté de son créateur ? 
Dans « Tintin chez le psychanalyste », Serge Tisseron à découvert l’existence d’un secret qui affleure dans les 24 albums. Son exploration par l'auteur est obligée d’emprunter les images quand les mots qui le scellent sont interdits.
Que peut révéler cette forme particulière d’écriture qui compose l'œuvre d'Hergé avec des textes en lettres alphabétiques, associés à des images ?

Vendredi 17 juin 2022

Quel rôle joue l’art et plus particulièrement la littérature dans notre construction personnelle ?

Avec Emilie Bourghanem
On considère que les lettres participent au développement de l’individu. Ce présupposé est-il justifié ? L’art nous permet il d’accéder à des aspects de nous-mêmes qui nous échapperaient autrement ? Ou au contraire la littérature nous coupe-t-elle de nous-mêmes en faisant entrer en nous les pensées des autres ? L’auteur nous nourrit-il ou nous déborde-t-’il ? 

 

Vendredi 24 juin 2022

Le soufisme

Avec notre amie Smina Berdous.
Les musulmans vivent leur foi de façon très diverse, tant sur le plan spirituel que dans leur conception de la société. Ainsi les soufis s’efforcent de redonner à l’islam le rôle moteur de la culture mondiale qu’il eut jusqu’au XIVe siècle. 
Vivant un islam plus mystique, ils le pratiquent sous diverses formes comme les derviches tourneurs en Turquie dont le tournoiement infini crée une union extatique avec Dieu.